Le gouvernement tunisien a enclenché début 2026 une nouvelle phase de sa transition énergétique en misant résolument sur la mobilité électrique. Objectif affiché 125.000 voitures électriques et 12.000 bornes de recharge publiques à l’horizon 2035. Pour y parvenir, un dispositif fiscal et financier inédit entre en vigueur dès 2026, accompagné d’un vaste plan de déploiement d’infrastructures de recharge sur l’ensemble du territoire.
Les principaux leviers de ce programme ambitieux seraient selon l’Agence nationale de la maitrise de l’Energie (ANME) :
✔ L’exonération totale des droits de douane et de la taxe de consommation à l’importation. À cela s’ajoute une réduction spectaculaire de la TVA, ramenée de 19% à 7%. Une baisse destinée à combler l’écart de prix à l’achat, principal frein à la démocratisation de ces véhicules.
✔ Les propriétaires bénéficieront également d’une réduction de 50% sur les droits d’immatriculation (carte grise) et sur la vignette annuelle, allégeant ainsi le coût d’usage sur la durée.
✔ Une prime de 10 mille dinars est accordée pour l’achat de tout véhicule électrique neuf destiné aux entreprises publiques, aux collectivités locales et aux professionnels. Une phase pilote cible en priorité les propriétaires de taxis individuels, secteur stratégique dans le paysage urbain.
✔ Prise en charge par l’État d’une partie des marges d’intérêt appliquées aux crédits bancaires contractés pour l’achat d’un véhicule électrique. Une mesure qui vise à réduire le coût global du prêt et à encourager l’investissement des ménages comme des professionnels.
Selon les experts sur place, derrière ces annonces, pointe un impératif structurel : le secteur des transports pèse lourd dans le bilan énergétique national. Selon l’ANME, il représente environ 30% de la consommation finale d’énergie et plus d’un quart des émissions de gaz à effet de serre en Tunisie.