Lancé le mercredi 30 septembre à Tunis, par l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII), le nouveau programme national d’accompagnement des entreprises vers l’industrie 4.0 vient renforcer l’attractivité industrielle de la Tunisie auprès des investisseurs étrangers, en favorisant l’adoption des technologies intelligentes, la modernisation des procédés de production et le développement des compétences.
En effet, en Tunisie, le déploiement de nouveaux dispositifs Industrie 4.0 en 2026 ouvre une nouvelle phase, avec un enjeu : transformer les avancées technologiques en gains de productivité et en investissements à plus forte valeur ajoutée.
Cette évolution intervient dans un contexte de concurrence régionale accrue pour attirer les investissements industriels, où la capacité des pays à intégrer les nouvelles technologies de production devient progressivement un facteur de différenciation.
Un dispositif national qui se renforce
Engagée depuis 2018, la transition tunisienne vers l’Industrie 4.0 s’inscrit dans la Stratégie industrielle et de l’innovation à l’horizon 2035.
Le pays dispose désormais de cinq centres de compétences opérationnels. Près de 400 entreprises ont été accompagnées et plus de 2 900 professionnels formés.
Le lancement du Hub national Industrie 4.0 en décembre 2025, suivi du déploiement du Label Industrie 4.0 et de la plateforme d’évaluation TIMA en 2026, vise à structurer davantage l’accompagnement des industriels.
Une adoption encore inégale
Selon le deuxième Baromètre Industrie 4.0 (2024), réalisé auprès de 203 dirigeants et cadres, 38 % des entreprises interrogées discutaient d’une stratégie Industrie 4.0, contre 5 % l’ayant finalisée et 14 % déjà engagées dans sa mise en œuvre.
Le coût des investissements constitue un obstacle majeur pour 39 % des répondants. Les PME restent particulièrement confrontées aux contraintes de financement et d’accès aux compétences.
Un enjeu pour la compétitivité des IDE
Avec un stock d’IDE de 52 950 millions de dinars à fin 2025, dont 31 664 millions dans l’industrie, la modernisation technologique représente un levier potentiel pour consolider les implantations étrangères.
L’automatisation, l’analyse des données et la maintenance prédictive peuvent améliorer la performance industrielle, soutenir les extensions d’activités et favoriser l’intégration de fonctions à plus forte valeur ajoutée.
Cette évolution pourrait également renforcer les liens entre entreprises étrangères et fournisseurs tunisiens.
Passer des dispositifs aux résultats
La prochaine étape consistera à mesurer les effets concrets de cette transition : investissements engagés, gains de productivité, emplois qualifiés créés et projets de réinvestissement.
La plateforme TIMA (Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment), à laquelle les cadres de l’APII ont été initiés lors de leur formation d’octobre, pourrait contribuer à ce suivi en évaluant la maturité numérique des entreprises et en identifiant leurs besoins technologiques.
Pour la Tunisie, l’enjeu est désormais de rapprocher la politique Industrie 4.0 de la politique de promotion des investissements, afin de renforcer la compétitivité des entreprises implantées et d’améliorer les retombées économiques des IDE sur le tissu productif local.
Mme Ihsen Mahmoudi – FIPA-Tunisia