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La Tunisie, championne mondiale des diplômés STIM

29/04/2026

un atout stratégique encore sous-exploité

Un leadership mondial qui interpelle… et une opportunité à transformer
La Tunisie se hisse aujourd’hui au sommet mondial en matière de diplômés en STIM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) rapportés à la population. Selon le rapport 2025 de l’UNESCO Institute for Statistics, publié en partenariat avec la Banque mondiale, le pays atteint près de 950 diplômés STIM pour 100 000 habitants, un niveau inédit à l’échelle internationale.
Ce positionnement exceptionnel confirme une réalité souvent sous-estimée : la Tunisie dispose d’un des plus importants réservoirs de talents techniques au monde.

Une progression continue qui consacre une stratégie éducative ambitieuse
Cette performance ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans une trajectoire ascendante :
– 2018 : 850 diplômés (2ème mondiale)
– 2020 : 900 diplômés (1ère place atteinte)
– 2023 : 920 diplômés
– 2025 : 950 diplômés (consolidation du leadership)
Face à elle, des puissances industrielles majeures restent derrière : Corée du Sud (780), Allemagne (610), France (580), Royaume-Uni (560)…
La Tunisie se distingue également par la part des filières STIM dans l’enseignement supérieur (près de 40%), largement supérieure à celle de plusieurs pays européens.
Cette orientation reflète un choix stratégique : préparer une économie fondée sur la connaissance et les compétences techniques.

Les fondements du modèle tunisien
3 leviers principaux expliquent cette performance :
1. Une orientation académique volontariste Le système éducatif tunisien favorise fortement les filières scientifiques et techniques, générant chaque année un volume important d’ingénieurs, techniciens et spécialistes IT.

2. Une démographie favorable Avec une population jeune et éduquée, la Tunisie bénéficie d’un flux constant de nouveaux talents.

3. Un positionnement compétitif En termes de densité de diplômés STIM, la Tunisie dépasse même des pays investissant massivement en R&D comme la Corée du Sud.

Le paradoxe tunisien : un vivier de talents mal absorbé
Malgré cet avantage comparatif, un défi majeur persiste à savoir l’absorption de ces compétences par l’économie nationale.
En effet, un décalage existe bel et bien engendrant un risque structurel significatif : celui de voir un avantage stratégique se muer en érosion du capital humain.

Un enjeu clé pour l’attractivité des investissements étrangers
Pour les investisseurs internationaux, la disponibilité des talents est un critère déterminant. Or, la Tunisie dispose ici d’un argument exceptionnel… encore insuffisamment valorisé.
Sans un tissu d’entreprises capable d’absorber ces profils l’effet d’attraction reste limité.
A contrario, une meilleure exploitation de ce potentiel pourrait consolider le positionnement de la Tunisie tel un hub régional en ingénierie et innovation et une plateforme de R&D externalisée.


Transformer l’avantage en levier économique : les priorités

Pour passer d’un modèle de production de talents à un modèle de création de valeur, plusieurs actions s’imposent :
1. Développer des écosystèmes d’innovation à l’instar de technopôles spécialisés, clusters sectoriels (automobile, IT, biotech…), hubs R&D public-privé…
2. Renforcer les incitations à l’investissement à travers des avantages fiscaux ciblés pour la R&D, un soutien accru aux entreprises innovantes et une facilitation des partenariats internationaux
3. Activer les talents tunisiens à l’étranger via des programmes de “brain circulation”, le co-investissement avec les compétences à l’étranger, ainsi que le transfert de savoir-faire
4. Mieux valoriser cet atout à l’international par une plus vaste intégration dans les campagnes de promotion (forums, roadshows…), un positionnement marketing clair : Tunisia = Talent Hub

La Tunisie ne manque pas de talents. Elle en produit plus que la plupart des nations avancées.
Le véritable enjeu n’est donc plus éducatif, mais économique et stratégique : créer les conditions pour retenir, valoriser et exploiter ces compétences.
Si ce défi est relevé, la Tunisie deviendra sans nul doute le principal hub STIM de l’Afrique du Nord